Blog de Sonia Sarah Lipsyc

04 septembre 2015

"Femmes dans les textes sacrés des grandes religions monothéistes"

SSL Paroles Divines(Sonia Sarah Lipsyc, directrice d'ALEPH, et Sébastien Doane, bibliste     Photo : Radio-Canada/Olivier Paradis-Lemieux)

« Paroles divines » nouvelle séquence mensuelle dans l’émission quotidienne de « Plus on est de fous, plus on lit » de Marie-Louise Arsenault sur Radio-Canada à laquelle j'ai le plaisir de participer pour le judaisme avec deux autre personnes Sebastien Doane pour le christianisme et Florence Ollivry-Dumairieh pour l’islam.

Pour cette première émission nous parlons des « femmes dans les textes sacrés des grandes religions monothéistes ».

C’est une demie heure à tout casser à partir de 13h33 – vous pouvez donc y rendre directement en cliquant ici.

Vous pouvez également sur ce même lien écouter directement la séquence en cliquant dans "Audio Fil".

Bonne écoute

Sonia Sarah Lipsyc


02 septembre 2015

"Dans les abribus de la STM (Société des transports de Montréal) des affiches qui suscitent la curiosité"

RabbideLoubavitch(Photo de Raluca Tomulescu)

Raluca Tomulescu m'a interrogée sur une affiche que l'on voit depuis cet été sur certains abris de bus de Montréal et probablement depuis quelques années à cette même période: « Accueillons le Mashiach avec des actes de bonté et bienfaisance » (voir photo en lien). Précisons que "Mashiach" est le terme hébraique pour désigner le messie....

Pour lire cet article paru dans l'édition du 28.08.2015 dans le journal en ligne "Journaldesvoisins", vous pouvez cliquer sur le lien ou lire l'article dans son intégralité ci dessous : 

"Dans les abribus de la STM(Société des transports de Montréal ndr) des affiches qui suscitent la curiosité

Une affiche située dans un abribus de la rue Saint-Hubert, à proximité de la rue Sauvé, attire l'attention. (Photo : Raluca Tomulescu).  De curieuses affiches décorent certains abribus de Montréal depuis la mi-juin 2015. On y voit le visage d’un homme âgé à la barbe blanche. Au bas de la photo, trois lignes de texte : « Accueillons le Mashiach avec des actes de bonté et bienfaisance ». Intrigué par la signification de ce message, votre journal communautaire a cherché à en savoir plus.

L’homme qui est représenté est Menahem Mendel Schneerson, mieux connu comme le Rabbi de Loubavitch – ou Rebbe, sur l’affiche.

« Il s’agit de la figure emblématique du mouvement Habad-Loubavitch, un des groupes principaux du hassidisme d’aujourd’hui, explique une sociologue du judaïsme contemporain, Sonia Sarah Lipsyc. Il est décédé aujourd’hui, mais c’est un personnage charismatique qui a énormément marqué le mouvement et la communauté juive en général », ajoute-t-elle.

Le Rabbi Zushe Silberstein, directeur du centre Chabad Chabanel situé dans Ahuntsic–Cartierville, est à l’origine de la campagne. Il nous éclaire sur ses fondements : « C’est un appel universel à des actions de bienfaisance individuelles et concrètes pour arriver à être de meilleures personnes. Par exemple, on peut aider quelqu’un à porter un lourd paquet, rendre visite à un ami malade, faire un sourire à quelqu’un dans la rue », précise-t-il. Selon lui, de tels « petits gestes » ont un « effet global» et peuvent « transformer le monde ».

« Coup de pouce »

En ce moment, une centaine d’abribus affichent le « message du Rebbe » aux quatre coins de Montréal. Zushe Silberstein renouvelle sa campagne régulièrement depuis 2010, et ce n’est pas anodin. « En 1991, le Rabbi de Loubavitch a annoncé que nous nous dirigions vers la rédemption de l’humanité. À ce moment-là, ce sera la paix absolue. Finies les guerres, les famines, les souffrances. Cette campagne, c’est en quelque sorte un coup de pouce pour y arriver », indique-t-il.

L’affiche invite effectivement à « accueillir le Mashiach », ou Messie. Sonia Sarah Lipsyc nous donne plus de détails : « Selon la philosophie juive, Dieu a créé un monde volontairement imparfait pour donner le mérite à l’être humain de le perfectionner. Le peuple juif prend cette mission à cœur. Le résultat des actions de bienfaisance permet la venue d’un Messie ou un temps messianique », dit-elle. Et cela ne correspond pas à la fin des temps. « Il s’agit d’un moment utopique où les conflits seront apaisés, mais le monde continue de tourner », souligne-t-elle.

 Comme une publicité

Certains questionneront peut-être le but de la Société de transport de Montréal (STM) lorsqu'elle affiche ces annonces de nature religieuse. Toute affiche est en fait soumise aux mêmes règles que les publicités. « En vertu d'une entente entre Trangesco, la filiale commerciale de la STM, et Québecor Média Affichage, qui gère la publicité sur les abribus, ce dernier se doit de respecter le Code canadien des normes de la publicité ainsi que les normes de l'Office de la langue française », nous indique par courriel la conseillère corporative aux affaires publiques de la STM, Amélie Régis.

Après s’être assurée que l’affiche ne faisait pas preuve de discrimination, n’encourageait pas la violence ni ne minait la dignité humaine (article 14 du code), elle nous a informé que « l’affiche respecte le Code canadien des normes de la publicité ».

Selon Sonia Sarah Lipsyc, le message, destiné à toutes les communautés, se veut inclusif. « Inciter les gens à faire le bien, c’est bien, non? », lance-t-elle. (Par Raluca Tomulescu)

 Pour en savoir plus…Le centre communautaire Chabad Chabanel vise à subvenir aux besoins des commerçants juifs du quartier. Ils peuvent s’y rendre pour prier, suivre des cours ou manger Cacher. Il est l’une des 4000 institutions que compte le mouvement Habad-Loubavitch à travers le monde." "

 Raluca Tomulescu

19 août 2015

"De l’usage de la loi civile et d’autres stratégies sociétales dans l’avancée des droits des femmes au sein du judaïsme.... "

bandeau Congrès Féministe

« De l’usage de la loi civile et d’autres  stratégies sociétales dans l’avancée des droits des femmes au sein du judaïsme en Israël (en France) et au Canada » est le titre exacte de ma communication dans le cadre du colloque « Penser, créer agir les féminismes dans le champ religieux » du 7ème Congrès international des recherches féministes dans la francophonie.

Ci dessous la présentation en résumé de ma communication : 

"Alors qu’il existe une séparation des domaines religieux et civil dans diverses démocraties, il arrive que les femmes usent de la loi civile pour l’amélioration de leurs droits au sein du judaïsme. Quels sont leurs arguments? Comment la loi civile intervient-elle dans un domaine religieux ?

Nous étudierons en Israël, les cas des « Femmes du Mur » et de « Léah Shakdiel » qui se sont tournées vers la Cour Suprême, les premières pour avoir notamment le droit de prier en groupe devant le Mur occidental à Jérusalem. La deuxième, dans le cadre du leadership religieux, afin de pouvoir être candidate au sein du conseil religieux municipal s’occupant des besoins religieux de la cité de Yehoram.

Nous mentionnerons également la lutte du comité des femmes pour l'éligibilité des femmes au Consistoire du Bas-Rhin en 2007 qui assigna notamment cette institution devant le Tribunal Administratif de Strasbourg.

En matière de divorce religieux, le cas Bruker vs Marcovitz, au Canada, nous permettra de mieux comprendre les interactions subtiles entre loi civile et religion.

Nous évaluerons également l’influence des préconisations de JOFA, le forum juif orthodoxe et féministe américain, sur l’évolution du statut des femmes dans le rituel juif ainsi que la prise de conscience sociétale suscitée par des groupes féministes juifs sur Facebook.

Mardi 25 aout de 16h à 17h30. 

UQAM. Salle R-M140, Pavillon de sciences de la gestion, 315 rue Ste-Catherine Est

Entrée : 40$ + taxes pour une journée

Pour le programme complet de ce congrès qui accueille plus de 80 colloques ( woah !) du 24 au 28 aout cliquez ici.

Sonia Sarah Lipsyc

18 août 2015

« Le monde des études dans la communauté sépharade de Montréal au travers de ses lieux d’études et sa production littéraire »

Le flq;bequ de lq kqbbqle_(Le flambeau de la Cabale sur la vie et l'oeuvre de R.Moche Haim Luzzato, cabbaliste écrit à Montréal en 1990 par le R.Mordekhai Chriqui)

« Le monde des études dans la communauté sépharade de Montréal au travers de ses lieux d’études et sa production littéraire » est la communication que j'aurai le plaisir de donner en français traduite simultanément en anglais dans le cadre du colloque international Sephardic North African and Middle Eastern Jewish Communities in North America organisé par le Centre Dahan de l’Université de Bar-Ilan  à l’Université Concordia de Montréal.

Lundi 24 aout 2015 de 14h15 à 16h15  à l’Université Concordia , Hall Building, 7th Floor, 1455 de Boulevard, de Maisonneuve Ouest.

Entrée libre.

Pour le programme complet du colloque les  24 et 25 aout 2015 : cliquez ici 

Pour la présentation en résumé de ma communication cliquez sur : Lipsyc, (document PDF).

Sonia Sarah Lipsyc

12 juillet 2015

« Yentl est-elle gay ou lesbienne ? »

Tenoua Couverture(Tenoua n°160. Ete 2015)

« Yentl est-elle gay ou lesbienne ? », 5ème épisode du feuilleton littéraire que j'écris "Yentil is back" et qui est publié dans l'excellente revue d'atelier de pensée(s) juives Tenoua, revue juive pluraliste et francophone.

Voici l'intrigue de ce feuilleton et de cet épisode : 

Yentl s’est échappée du texte d’Isaac Bashevis Singer, son auteur, et nous raconte ses aventures.

Elle a choisi Sonia Sarah Lipsyc comme porte-plume qui rapporte ici fidèlement ses conversations avec Yentl. 

Dans cet épisode, elles parlent de l’homosexualité dans le judaïsme, dans l’œuvre de Singer et dans la vie de Yentl. 

La série « Yentl is back » est un manuscrit déposé à la SACD.

Ce épisode a été publié dans un numéro de Tenoua intitulé "Homosexualité. Judaisme. Interdit. Respect. Amour. Tabou".  Pour vous abonner à la revue cliquez ici

 

Sonia Sarah Lipsyc

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"Comment le sacrifice de la fille de Jepthé aurait pu être évité ?"

"Comment le sacrifice de la fille de Jepthé aurait pu être évité ?", étude que j'ai donnée ce shabbat 11 juillet 2015 dans un cercle d'études juives pour femmes, lié à la Congregation Beth Sion de Côte St Luc (Montréal).

Etude à partir du chapitre 11 du livre des Juges, en se basant notamment sur le Midrach Tanhouma (sur la lection Behoukotay 7) et Genèse Rabba 60;3 ainsi que sur le commentaire de David Kimhi dit Radak (1260-1232).

Jephthah_w_dghtr_25-200(La fille de Jephté sortant à la rencontre de son père revenant victorieux de la guerre)

 

Sonia Sarah Lipsyc

 

11 juin 2015

Revenir à la tradition juive ou choisir de la quitter…

Rompre avec un mode de vie ultra-orthodoxe

 Le 10ème  Festival du film israélien de Montréal s’est tenu dans une édition trilingue (hébreu, français et anglais) du 28 mai au 4 juin et a été organisé par la Communauté Sépharade Unifiée du Québec (CSUQ). Outre des longs métrages aux thèmes très variés, il était possible de voir une série de courts métrages dont quelques- uns portaient sur le retour à la tradition juive ou le fait de la quitter.

Lauréats du Festival du film(Efrat Berger, à gauche,l’une des lauréats du Prix de la Fondation de Jérusalem au Canada)

« Peyot » d’Efrat Berger, l’une des lauréats du Prix de la Fondation de Jérusalem au Canada est un court métrage qui suit des jeunes gens qui quittent le monde ultra- orthodoxe ("haredi" en hébreu).
La réalisatrice les filme au moment de cette transition lorsqu’ils contactent notamment « Hillel » une association qui accueille les femmes et les hommes qui rompent avec leur milieu d’origine. Cette association soutient ces personnes qui « retournent à la question » (hozeré becheela) en opposition à ceux qui retournent à la religion (hozeré betechouva) ; elle les guide dans un monde laïque dont ils ne connaissent pas encore les codes.
Ces ruptures sont souvent difficiles car celles ou ceux qui quittent le monde ultra-orthodoxe sont fréquemment rejetés par leurs familles, leurs amis, leurs milieux professionnels liés à leur ancien mode de vie, etc. Je reste cependant surprise que ces changements soient si radicaux comme s’il n’existait pas la possibilité d’un judaïsme religieux orthodoxe, modéré ou autre autant pour eux que, apparemment, pour l’association qui les soutient dans ce cheminement.
En effet, l’une des représentantes de l’association dit au protagoniste principal du film qu’il faut qu’il rompt avec son mode de vie et surtout son apparence d’hommes religieux (par exemple qu’il coupe ses papillotes, le titre même du film en hébreu « peyot ») et qu’alors son association pourra s’occuper de lui. 
C’est peut-être là nécessaire, je ne sais.
Nous attendons sur ce sujet le livre de Florence Heymann, chercheure au CNRS « Les déserteurs de Dieu. Ces ultra-orthodoxes qui sortent du ghetto », Paris, Grasset, à paraître en septembre.

Revenir à la tradition juive

bringing_the_wind(Le jeune héros de "Bringing the wind")

Partir trois mois en extrême orient et … revenir avec une kippa (calotte) et des  tsitsits (franges rituelles en dessous ou sur ses vêtements) avec la ferme intention de pratiquer le judaïsme, d’être un hozeré betechouva ou un baal techouva (littéralement un maitre de la pénitence)....Tel est le thème du court métrage « Bringing the wind » de Noam Keidar présenté dans le cadre des films de l’Ecole Ma’aleh, école de cinéma de renom en Israël créé pour des femmes et des hommes soucieux d’une pratique juive. On imagine la perplexité voire le malaise ou l’opposition de sa famille notamment de son père qui pensait que le fils reprendrait l’étude d’avocat….D’autant plus, que le père croise son fils à un carrefour distribuant des tracts ou copies de C.D de rabbi Nahman de Braslav (un groupe hassidique pour le moins original….) avec une kippa à pompon blanc caractéristique de ce groupe. Est-il entré dans une secte juive ?
On imagine et on voit aussi la difficulté du fils à avouer à ses parents sa soif spirituelle et son choix. 
En tout cas, c’est une fiction qui reprend une problématique présente dans le judaïsme depuis des années : le retour à la pratique juive, généralement de jeunes filles ou jeunes hommes. Retour parfois (le plus souvent ?) à une pratique ultra-orthodoxe qui bouscule les familles…..

La punkeuse hozeret beteshouva(L'héroine de "Revival", la tête couverte par un foulard comme c'est le cas pour les femmes mariées dans les milieux juifs orthodoxes, jouant à la guitare dans son ancien groupe de punk)

« Revival » de Nadav Lazare, aborde le même thème mais sous un autre angle, de plus les protagonistes sont d'une autre génération.La femme de Hemi, sans doute un remariage, était dans sa jeunesse une chanteuse dans un groupe punk avant d’avoir fait techouva (d’être revenue à la pratique juive). Des décades plus tard, le groupe de musique veut se reconstituer… Bouleversement dans le couple où le mari évoluant dans un milieu orthodoxe cette fois ci sioniste, est lui-même confronté au conformisme de la pensée. Il a exprimé dans l’un de ses cours, comme professeur de pensée juive, que le Roi David a fauté en envoyant Ouri se faire tuer sur le front de la guerre afin de pouvoir s’approcher de Bathcheva, la femme d’Ouri. On sait que, selon la tradition juive,c’est à partir cette faute grave, que David fera techouva (pénitence) et écrira le Livre des Psaumes

Et pourtant oser exprimer ce que la tradition juive talmudique et kabbaliste affirme sans ambages, créée à Hemi des problèmes dans un milieu où tout se passe comme si les hommes de la Bible étaient irréprochables [1] ou avaient de bonnes raisons d'agir comme ils l'ont fait!

Ces deux films montrent à leur manière, une fois de plus, que seuls les liens d’amour permettent de surmonter parfois des changements radicaux d'itinéraires pour les uns comme pour les autres

Sonia Sarah Lipsyc

[1] Sur l'épisode de David et Batcheva voir le 2ème livre de Samuel, chapitres 11 et 12. Sur le sujet voir traité Sanhedrin 107 du Talmud de Babylone a et la très belle traduction et annotation de feu Charles Mopsik (zal) du livre du kabbaliste du 13ème siècle, R.Joseph Gikatila : David et Bethsabée, le secret du mariage, éditions de l'éclat, 2003. http://www.lyber-eclat.net/livres/david-et-bethsabee/