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C'est avec tristesse que j'ai appris le décès, ce mardi 12 février, de Hanna Safraï, 61ans, figure israélienne du féminisme juif orthodoxe qui se battit notamment pour que les femmes aient accès à toutes les sources de l'étude juive.
Venant d'une famille d'universitaires et d'érudits, elle était elle-même spécialiste des Juifs de l'Antiquité et versée dans la culture talmudique (son doctorat porta sur les femmes dans le Second Temple) ainsi que dans l'étude du Talmud.
Elle dirigea  l'institut Judith Lieberman à Ramot Shapira, l'un des premiers lieux d'étude juive intensive pour les femmes. Polyglotte, elle enseigna également aux Pays-Bas avant de revenir à Jérusalem pour être professeur de pensée juive à l'Université hébraïque, à l'Institut Hartman ainsi que ces dernières années à l'Hebrew Union College.
Ses écrits, nombreux, restent encore à découvrir. Elle publia, entre autres, en 1988 avec le rabbin Micah D.Halpern, Jewish Legal Writtings by Women ( Lambda Publishers Inc, New York, 1998), un ouvrage dans lequel ces deux directeurs de publication donnèrent la possiblité à des femmes remarquables de se pencher sur de nombreux aspects de la loi juive concernant le statut des femmes et d'apporter (enfin)  leurs propres analyses et interprétations.
Hanna Safraï fut également l'une des premières membres de  Kolech - le forum des femmes juives féministes et orthodoxes- et l'une de ses représentantes les plus charismatiques. 
J'ai eu le plaisir de la rencontrer à deux ou trois reprises à Jérusalem. La dernière fois, c'était en 2005 au cours de l'un des colloques de Kolech.  Et comme beaucoup d'autres, j'ai toujours été touchée par sa chaleur, son érudition, son humanité et son engagement. Elle était combative, convaincante et ne manquait jamais d'humour.
Que le souvenir de son nom soit source de bénédiction.