29 avril 2008
Les femmes au sein du judaïsme français : conférence filmée sur Akadem
(Klimt)
J'avais donné cette conférence
inaugurale dans le cadre d'un colloque "Les femmes face au monde
juif, les défis contemporains" organisé au Centre Communautaire par Raphy
Marciano en février 2007.
Sous titrée, "Pour un
combat d'équité", elle est mise en ligne aujourd'hui sur Akadem (cliquez ici), le
campus numérique juif, avec d' autres interventions de cette même journée.
Les thèmes que j'aborde dans mon allocution sont
toujours d'actualité. Je m'appuie, en partie, sur l'enquête que j'ai menée pour
la Wizo sur Femmes et Judaïsme en France.
Je parle d'abord de la révolution, trop méconnue au
sein de la communauté juive française, que représente et suscite dans le monde
juif, l'accès des femmes à l'étude talmudique. Domaine dont elles furent
écartées durant des siècles et dont la maîtrise est nécessaire pour la
connaissance de la Loi juive (halakha).
J'évoque encore et toujours le combat que nous devons
mener pour aider les femmes à obtenir leur divorce religieux (guet). Il
faut sensibiliser le public et les autorités rabbiniques afin qu'elles trouvent
une solution à ce problème douloureux.
08 avril 2008
Amours entre femmes et Judaïsme
Autant le dire d'emblée,
"Chère Anne", le second roman traduit en français et publié aux éditions Joelle Losfeld, de l'écrivaine
israélienne Judith Katzir est un texte magnifique. Une collégienne israélienne
de Haïfa, d'une étonnante maturité tient son journal. En fait, elle signe du
nom de Kitty, la confidente imaginaire à qui la jeune Anne Frank s'adressait
dans son fameux journal pendant la seconde guerre mondiale. Rivi alias Kitty
raconte, à son tour, à Anne Frank sa vie de jeune fille mais surtout son
étonnant amour pour une femme plus âgée qu'elle, Michaëla, son professeur de
littérature hébraïque. Leur amour est réciproque, clandestin bien sur et se
déroule sur les hauteurs de Haïfa ou au bord de la mer. Roman initiatique qui
dit l'intimité des êtres, des sentiments, du désir, des années qui s'écoulent,
d'Israël. L'oppression qui pèse sur ces deux femmes n'est pas d'ordre religieux
car elles évoluent dans une société laïque mais exprime surtout le refus social
d'un amour de femmes à la fin des années soixante-dix, qu’accuse ici la
différence d’âge entre les deux héroïnes, en tout cas dans un premier temps.
La souffrance que peut engendrer la difficile conciliation entre homosexualité et mode de vie juif orthodoxe est visible dans l’émouvant documentaire de Sandi S.Dubowski, « Trembling Before God », USA (2001).
Quant au documentaire d’Ilit Alexander, « Keep not silent : orthodykes », Israël 2004, qu'il aurait été plus juste de traduire par « Toi que mon âme aime » d'après son titre en l’hébreu (« At sheaava nafchi ») : il montre des exemples d’amours de femmes dans le milieu juif orthodoxe en Israël. Amours cachées ou plus visibles de femmes qui ne veulent renoncer ni à leur judaïsme pratiquant ni à leurs amours ou l’élue de leur cœur.
Des avancées se font jour, ici ou là, au sein des différents courants du judaïsme, en particulier libéral et reconstructioniste. Le judaïsme « conservative » ne tranche pas réellement préférant renvoyer leurs ouailles à leurs communautés respectives (voir à ce sujet "Rabbins et Homosexualité"). Quant au judaïsme orthodoxe, il repousse encore un débat qui pourtant s’impose déjà dans la réalité depuis longtemps. Cliquez ici pour en savoir plus sur le sujet ou vous reporter au site du Beit Haverim, groupe juif gay et lesbien de France

