25 juin 2008
Lettre ouverte aux deux Grands Rabbins, Joseph Haïm Sitruk et Gilles Bernheim
(GR Joseph Haïm Sitruk) et
(GR Gilles Bernheim)
Nous avions pris, Jeanine Elkouby, Annie
Dreyfus et moi, l'initiative d'adresser le 11 mai 2008, une lettre ouverte sur les questions de femmes et judaïsme, aux deux candidats à l'élection du Grand
Rabbinat de France, le Grand Rabbin Joseph Haïm Sitruk et le Grand Rabbin Gilles Bernheim.
L'hebdomadaire Actualite Juive avait accepté de la publier dans son
numéro du 4 juin à condition d'être en possession des réponses des deux Grands
Rabbins. Ces réponses auraient du nous parvenir le 28 mai. Jusqu'à la veille
des élections, le 22 juin 2008, nous n'avons eu aucune des deux réponses.
Cependant, le Grand Rabbin Bernheim nous a promis son texte après les
élections, qu'il soit élu ou non. Il a été élu Grand Rabbin de France, nous
nous en réjouissons, nous l'en félicitons et lui souhaitons "beatslara
rabba" une grande réussite dans toutes ses initiatives et entreprises.
- l'enseignement de toutes les sources de la Torah orale, en particulier du
Talmud ("michna et guémara") et de la littérature rabbinique aux
femmes et ce, dès le secondaire, dans les écoles juives. On sait que sur ce
point la communauté juive française accuse un sérieux retard.
- sur l'encouragement au leadership des femmes au sein de
toutes les instances dirigeantes communautaires ou consistoriales, domaine dans
lequel il reste encore de sérieux efforts à faire (voir le billet du 09.04.07 dans ce présent blog)
- sur les mesures à prendre afin
d’empêcher les abus en matière de divorce religieux, en particulier le fait que
certains hommes monnayent leur « guet » (divorce religieux), document
qu’ils sont seuls à pouvoir délivrer dans la loi juive orthodoxe ; sur
l’information à diffuser au sujet de l’importance du « guet » et sur
leurs positions au sujet de l’accord prénuptial, (« prenuptial
agrement ») disposition en rigueur dans des communautés juives orthodoxes
d’autres pays et qui implique que l’homme et la femme s’engagent avant leur
mariage devant un notaire ou une cour rabbinique à donner le « guet »
si un divorce civil est prononcé et qu’aucune possibilité de réconciliation
(« shalom bayit) n’est envisageable, à défaut sinon de payer des dommages
et intérêts.(Au sujet de la réalité du divorce religieux en France voir les résultats de l'enquête que nous avions menée en 2006 pour la Wizo)
-sur les possibilités pour les femmes de pouvoir délivrer un
enseignement de Torah devant un public mixte après les offices religieux ou
dans le cadre de rencontres communautaires comme au cours de repas ou de
« kiddouch » (sanctification sur le vin à l’occasion du shabbat ou
des jours de fêtes)
- sur les évolutions de la cérémonie de « bat mitsva »
(majorité religieuse) pour les jeunes filles.
Toutes ces questions étaient, bien sur,
posées dans le cadre du judaïsme orthodoxe, seul courant admis dans les
communautés consistoriales largement majoritaires en France.
Pour lire l’intégralité de notre lettre ouverte cliquez ici : Attention : après avoir ouvert et lu ce document en pdf vous devez cliquer sur "page précédente" pour revenir au blog
23 juin 2008
Combattre les violences faites aux femmes (2)
Le Nouvel Observateur dans son article "Le match des rabbins" dans son magazine du 19 juin 2008 (n° 02228), s'est fait l'écho de la réponse du Grand Rabbin Joseph Haïm Sitruk aux questions et remarques de Nathalie Cohen-Beizerman, Présidente de la Wizo France, qui s'étonnait que le Grand Rabbin Krief, accusé de violences conjugales, puisse être l'un des plus des 300 grands électeurs pour l'élection du Grand Rabbin de France alors qu'il avait été suspendu de ses fonctions suite à la plainte de son épouse : "Chaque voix
compte. Même celle d'un grand rabbin accusé de violences conjugales. Lorsque
Nathalie Cohen-Beizerman s'étonne que cet éminent religieux bordelais, en
instance de jugement, puisse participer à la désignation du grand rabbin de
France, Joseph Sitruk, candidat à sa propre réélection, la remet à sa place. «Vous
êtes une victime des médias, Nathalie», dit-il à cette jeune femme,
(...). Il lui explique que le rabbin
mis en cause est « un ami». Que le couple a beaucoup souffert. Que son
épouse est déséquilibrée. Que l'incident était une chamaillerie. La vraie
victime, en somme, était l'époux, «arrêté par la police devant ses fidèles
!». Et argument suprême: «Que penser d'une femme qui transgresse le
shabbat pour porter plainte contre son mari ?». C'était le 22 mai. Joseph
Sitruk, grand rabbin de France, planchait devant le Crif, l'instance politique
de la communauté juive. Le compte rendu officiel de la réunion a prudemment
occulté la réponse du grand rabbin... La communauté juive aussi est un monde de
mecs." (pour lire la suite de l'article cliquez ici).
Emue par cette réponse dont elle avait eu connaissance et par le fait que la newsletter du Crif ne l'avait pas rapportée, Malka Marcovich, spécialiste des droits des femmes et auteur d'un rapport remarqué sur Durban 2 , réagissait déjà sur son blog, le 18 juin, par une lettre ouverte à Muriel Krief :
"(...) Madame, j'admire votre courage et la grandeur de votre acte. Vous avez choisi la vie contre la mort alors que le médecin a conclu à cinq jours d'incapacité totale de travail (ITT), pour lesquels Monsieur Krief peut encourir jusqu'à cinq ans de prison. Mais grâce à la procédure "plaider coupable", il n'y aura pas de procès et ils restera en liberté avec une peine que le juge doit prononcer le 18 juin.
J'imagine - à l'instar de toutes les femmes
victimes de violences conjugales que nous connaissons, enfermées dans
l'humiliation quotidienne, emprisonnées par la prison familiale - combien il a
dû être difficile de partir dans la nuit, meurtrie et douloureuse. Dans votre
cas, s'ajoutait la transgression du Shabbat et la réputation de votre mari
Grand Rabbin dans la bonne ville bourgeoise de Bordeaux . Vous avez choisi de
demander de l'aide et d'être protégée par les lois de la République laïque. En
cela votre geste de vie est un acte exemplaire (...)".
Pour lire la suite de cette lettre ouverte cliquer ici.
Sur la ligne téléphonique 01 47 07 39 55 du
lundi au jeudi de 9h30 à 12h30 mise en place dans la communauté juive par Noa à l'initiative de la Wizo France et de la Coopération Féminine voir notre billet du 03.06.07 sur le présent blog.
22 juin 2008
QUAND LES FEMMES LISENT LA BIBLE
Sous la direction de Janine Elkouby et Sonia Sarah Lipsyc, Pardès n° 43, Edition In Press, Paris, 2007, 300 pages, 23 euros.
"Traditionnellement, dans le judaïsme, la lecture et le commentaire de la Bible reviennent, de fait, aux hommes. Depuis trois décennies, les femmes, elles aussi, ont entrepris de lire, relire, commenter les textes fondateurs du judaïsme. Cet ouvrage réunit pour la première fois en France sur ce thème les contributions de femmes juives, intellectuelles d’horizons et d’ancrages divers. Elles passent les textes au crible de leurs lectures plurielles et de leurs questionnements propres, en exprimant leurs enthousiasmes ou leurs indignations. Le lecteur est ainsi invité à redécouvrir sous un jour nouveau les grandes figures féminines de la Bible et les femmes érudites dans l’exégèse au cours des siècles, ou encore à réfléchir sur le féminin dans la Kabbale. Des thèmes contemporains sont aussi abordés : le divorce juif religieux, l’évolution de la participation des femmes aux rites et aux prières, l’influence du féminisme dans le judaïsme, les femmes rabbins… Un regard neuf et stimulant sur le texte biblique." (texte de présentation de l'ouvrage, 4ème de couverture)
Je suis heureuse de vous annoncer la parution, en décembre 2007, de cet ouvrage sur lequel Janine Elkouby et moi travaillons depuis deux ans. Shmuel Trigano, directeur de la Revue Pardès (études et cultures juives) nous a donné carte blanche pour la conception et le travail éditorial de ce numéro qui comporte 20 contributions. Voir la table des matières 1 et 2.
Nous avons choisi, à une exception près (Henri Ackermann a repris le texte que sa femme, notre amie Liliane Ackermann à qui est dédiée ce livre, n'a pu eu le temps d'écrire), de ne donner la paroles qu'à des femmes, pour la majorité d'entre elles, françaises ou francophones (seuls 3 textes sur 20 ont été traduits de l'anglais ou de l'allemand).
Nous voulions ainsi mettre en valeur toute la richesse encore méconnue de ces reflexions et écritures.
Cet ouvrage précédera de peu, je l'espère, la publication de l'autre ouvrage collectif dont j'assure la direction : "Femmes et judaïsme dans la société contemporaine" et qui devrait sortir en septembre 2008. Attention : après avoir ouvert et lu ce document en pdf vous devez cliquer sur "page précédente" pour revenir au blog.
Dossier de Presse : "Quand les femmes lisent la Bible" :
- Le coup de coeur d'Eliette Abecassis, "Quand les Juives lisent la Bible", Monde des Religions n° 27, Janvier-Février 2008, p 70
- Interview de Lise Gutman dans les matinales de Judaïques F.M, Paris (92.8) le 08.01.2008
- Jacques Fortier, "La Bible à l'oreille des femmes", D.N.A du 13.01.2008, p 9
- Sonia Sarah Lipsyc, "L'exégèse juive au féminin", Arche, février 2008, n°597 p 28-29
- Daniella Salomon, "Un livre en français sur les femmes, l'étude de la Torah et autres", Kolech, 06.03.2008 (en hébreu).
- Janine Elkouby, "Quand les femmes lisent la Bible", Information juive, n° 277, Mars 2008
- Salome Benessiano et Fanny Bijaoui, "Les femmes juives à la conquête du sacré" et interviews d'Arouna Lipschitz et Mireille Hadas-Lebel pour leurs contributions au livre, Tribune Juive n°35, Mars 2008
-Victor Malka, entretien avec les auteurs dans le cadre de son émission "Maison d'étude", France Culture, 11 Mai 2008 - Ilana Davita, critique sur son blog, 18 mai 2008. - Le rabbin Josy Eisenberg, entretien avec les auteurs dans le cadre de "La Source de vie" sur France 2 le 13 juillet à 9h15.
08 juin 2008
Guide du divorce religieux ("guet") en France
("Condamnée au mariage", titre original en hébreu "Mekudechet", documentaire d'Anat Zuria, Israël, 2004)
Dans sa newsletter du 6 juin 2008, le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions juives de France) annonçait que :
" Après 3 ans de travail effectué en collaboration avec Sonia Lipsyc et le Grand Rabbin Gugenheim, la Wizo est heureuse d'annoncer la parution du guide du divorce religieux.
A cette
occasion, Nathalie Cohen-Beizerman, présidente de Wizo France et Joël
Mergui, président du Consistoire de Paris, vous invitent le jeudi 19
juin, à 19 heures précises, au Consistoire de Paris, salle Jérusalem,
17 rue Saint Georges 75009 Paris. En présence des Grands Rabbins Messas
et Gugenheim.".
Vous pourrez vous procurer ce guide, écrit également en collaboration avec Maître Annie Dreyfus et Janine Elkouby, - et sur lequel je vous en dirai davantage prochainement,- en vous mettant, dans un premier temps, en contact avec la WIZO ou vous tournant vers le consistoire israélite de votre région.
02 juin 2008
Fémina : Femmes et Judaïsme dans le monde d'aujourd'hui
J'ai le plaisir d'avoir conçu avec et pour le Festival Séfarad de Montréal, organisé par Brigitte Danino, et produit par la Communauté Séfarade Unifiée du Quebec (CSUQ), direction Robert Abitbol, 3 journées autour de Femmes et Judaïsme dans le monde d'aujourd'hui sous le titre Fémina. "Le masculin et le féminin dans la tradition juive", "le divorce religieux (guet)", "les religions sont-elles misogynes ?" sont quelques uns des thèmes abordés par des intervenant(e)s de France, d'Israël et bien sur du Canada au travers de diverses tables rondes, conférences, rencontres, film et pièce de théâtre du 15 au 17 juin 2008 à Montréal.
Pour voir le programme complet, cliquez ici

