28 août 2008
LE GUIDE DU DIVORCE RELIGIEUX ("Guet") en FRANCE
Enfin disponible le "Guide du divorce religieux ("guet") en France" que j'ai conçu et rédigé en collaboration avec maître Annie Dreyfus et Janine Elkouby pour la Wizo France.
Il est introduit par Nathalie Cohen-Beizermann, la présidente de la Wizo et préfacé par le Grand Rabbin Michel Gugenheim, responsable des divorces religieux au tribunal rabbinique de Paris.
Ce guide explique ce qu'est le divorce juif religieux ("guet") et donne des informations pratiques en particulier pour aider les femmes à obtenir le "guet".
J'espère de tout coeur qu'il sera utile pour toutes celles qui en ont besoin.
Cette brochure de 15 pages est divisée en 5 chapitres accessibles à toutes et à tous :
- L'importance du divorce religieux : qu'est ce qu'un "guet" ? une femme "agouna" ? Différence entre le divorce civil et religieux, etc...
- Quelles sont les démarches que doit effectuer une femme pour obtenir le "guet" ?
- Que faire si l'ex-conjoint ne se rend pas à la convocation du tribunal rabbinique et/ou refuse de donner le "guet" ?
- Comment se déroule la procédure du "guet" ?
- Quelles sont les autres possibilités si le conjoint ou l'ex-conjoint refuse de donner le "guet" ?
Ce guide est disponible à la Wizo en téléphonant au 01 48 01 97 70 ou en écrivant au 10 rue Saint AUGUSTIN 75002 Paris. On peut également le trouver au Consistoire de Paris, tel 01 40 82 26 80 et il devrait l'être dans les mois à venir dans les tous les autres consistoires israélites de France.
Vous pouvez télécharger ce guide en vous rendant sur le site de la Wizo ou en cliquant directement ici
Attention : après avoir ouvert et lu ce document en pdf
vous devez cliquer sur "page précédente" pour revenir au blog
Pour tout renseignement complémentaire vous pouvez adresser un mail à wizo.france@wanadoo.fr ou m'écrire en cliquant sur "contactez l'auteur", en bas à droite de ce blog (en dessous des Archives).
25 juillet 2008
Evolution du statut des femmes au sein du judaïsme orthodoxe


Depuis Mars 2007, je tiens une chronique régulière consacrée aux questions de Femmes et Judaïsme dans l'ARCHE, le mensuel du judaïsme français.
Mon
propos est de montrer l'évolution récente du statut des femmes au sein
du judaïsme principalement orthodoxe.
Ma démonstration s'appuie à la fois sur les
différentes ouvertures de la loi juive (halakha) ainsi que sur les initatives de quelques communautés juives orthodoxes, principalement aux USA et en Israël.
En la matière, la France accuse un retard et un déficit d'information que cette chronique a pour ambition de réduire.
Voici les titres des différents articles ainsi que les numéros de l'Arche dans lesquels ils ont été publiés :
- Une femme peut-elle lire la Torah en public à la synagogue ? Juillet-août 2008, n°602-603 p 22 -23
- Donner la parole aux femmes ou Une femme peut-elle exposer un point de Torah dans une
synagogue consistoriale ou au cours d’un « kidouch » ou d’un
repas dans un centre communautaire ? Juin 2008, n°601 p 28 -29
- La voix et les cheveux d'une femme relèvent-ils de sa nudité (2) ? Mai 2008, n°600 p 26 -27
- La voix et les cheveux d'une femme relèvent-ils de sa nudité (1) ? Avril 2008, n° 599, p 26 -27
- Comment aider les femmes à obtenir leur divorce religieux ? Mars 2008, n°598 p 32-33
- L'exégèse juive au féminin. Février 2008, n°597 p 28-29
- Les femmes du Mur. Le commandement de la néoménie et les groupes de prières de femmes. Décembre 2007-janvier 2008, n°595-596 p 40-41
- Les femmes et la lecture du kaddish. Novembre 2007, n°594 p 30-31
- Les femmes rabbins dans le monde. Octobre 2007, n°593 p 34-35
- Sur la non-mixité dans les bus en Israël Juillet 2007, n°591 p 31
- Protéger les femmes juives victimes de violences conjugales. Juin 2007, n°590 p22-23
- La révolution des femmes qui étudient le Talmud. Mai 2007, n°589, p 26-27
- Les femmes peuvent-elles étudier le Talmud ? Avril 2007, n°588, p 24-25
- Ecouter
la voix des femmes : les femmes peuvent-elles lire la Meguila (Rouleau) d'Esther
pour une assemblée au cours de la fête de Pourim ? Mars 2007, n° 587, p 26-28
Si l'un de ces articles vous intéresse, vous pouvez commander le numéro en prenant contact par mail avec l'Arche info@arche-mag.com ou en leur teléphonant : (0033) 0142171030.
25 juin 2008
Lettre ouverte aux deux Grands Rabbins, Joseph Haïm Sitruk et Gilles Bernheim
(GR Joseph Haïm Sitruk) et
(GR Gilles Bernheim)
Nous avions pris, Jeanine Elkouby, Annie
Dreyfus et moi, l'initiative d'adresser le 11 mai 2008, une lettre ouverte sur les questions de femmes et judaïsme, aux deux candidats à l'élection du Grand
Rabbinat de France, le Grand Rabbin Joseph Haïm Sitruk et le Grand Rabbin Gilles Bernheim.
L'hebdomadaire Actualite Juive avait accepté de la publier dans son
numéro du 4 juin à condition d'être en possession des réponses des deux Grands
Rabbins. Ces réponses auraient du nous parvenir le 28 mai. Jusqu'à la veille
des élections, le 22 juin 2008, nous n'avons eu aucune des deux réponses.
Cependant, le Grand Rabbin Bernheim nous a promis son texte après les
élections, qu'il soit élu ou non. Il a été élu Grand Rabbin de France, nous
nous en réjouissons, nous l'en félicitons et lui souhaitons "beatslara
rabba" une grande réussite dans toutes ses initiatives et entreprises.
- l'enseignement de toutes les sources de la Torah orale, en particulier du
Talmud ("michna et guémara") et de la littérature rabbinique aux
femmes et ce, dès le secondaire, dans les écoles juives. On sait que sur ce
point la communauté juive française accuse un sérieux retard.
- sur l'encouragement au leadership des femmes au sein de
toutes les instances dirigeantes communautaires ou consistoriales, domaine dans
lequel il reste encore de sérieux efforts à faire (voir le billet du 09.04.07 dans ce présent blog)
- sur les mesures à prendre afin
d’empêcher les abus en matière de divorce religieux, en particulier le fait que
certains hommes monnayent leur « guet » (divorce religieux), document
qu’ils sont seuls à pouvoir délivrer dans la loi juive orthodoxe ; sur
l’information à diffuser au sujet de l’importance du « guet » et sur
leurs positions au sujet de l’accord prénuptial, (« prenuptial
agrement ») disposition en rigueur dans des communautés juives orthodoxes
d’autres pays et qui implique que l’homme et la femme s’engagent avant leur
mariage devant un notaire ou une cour rabbinique à donner le « guet »
si un divorce civil est prononcé et qu’aucune possibilité de réconciliation
(« shalom bayit) n’est envisageable, à défaut sinon de payer des dommages
et intérêts.(Au sujet de la réalité du divorce religieux en France voir les résultats de l'enquête que nous avions menée en 2006 pour la Wizo)
-sur les possibilités pour les femmes de pouvoir délivrer un
enseignement de Torah devant un public mixte après les offices religieux ou
dans le cadre de rencontres communautaires comme au cours de repas ou de
« kiddouch » (sanctification sur le vin à l’occasion du shabbat ou
des jours de fêtes)
- sur les évolutions de la cérémonie de « bat mitsva »
(majorité religieuse) pour les jeunes filles.
Toutes ces questions étaient, bien sur,
posées dans le cadre du judaïsme orthodoxe, seul courant admis dans les
communautés consistoriales largement majoritaires en France.
Pour lire l’intégralité de notre lettre ouverte cliquez ici : Attention : après avoir ouvert et lu ce document en pdf vous devez cliquer sur "page précédente" pour revenir au blog
06 mai 2008
Sarah, première Matriarche dans la Bible
... "Chaque vendredi soir, lorsque les parents de confession juive bénissent leurs enfants au moment où commence le shabbat, ils souhaitent à leurs filles que Dieu les "rende égales à Sarah, Rébecca, Rachel et Léa", les quatre Matriarches, réputées pour leur discernement. C'est dire l'importance de ces femmes dans la liturgie juive.
Sarah, la permière épouse d'Abraham et mère d'Isaac, contribuera à diffuser la nouvelle foi monothéiste aux côtés de son compagnon et veillera parallèlement à sa transmission aux générations suivantes.
C'est ce que livrent les sources de la littérature orale juive, sur lesquelles cet article se fonde".
Si vous vous voulez en savoir plus, reportez vous à mon article qui vient de paraître :
"Sarah, première Matriarche" dans le magazine Religions et Histoire n° 20, mai-juin 2008, p 72-77 (en vente en kiosque).
08 avril 2008
Amours entre femmes et Judaïsme
Autant le dire d'emblée,
"Chère Anne", le second roman traduit en français et publié aux éditions Joelle Losfeld, de l'écrivaine
israélienne Judith Katzir est un texte magnifique. Une collégienne israélienne
de Haïfa, d'une étonnante maturité tient son journal. En fait, elle signe du
nom de Kitty, la confidente imaginaire à qui la jeune Anne Frank s'adressait
dans son fameux journal pendant la seconde guerre mondiale. Rivi alias Kitty
raconte, à son tour, à Anne Frank sa vie de jeune fille mais surtout son
étonnant amour pour une femme plus âgée qu'elle, Michaëla, son professeur de
littérature hébraïque. Leur amour est réciproque, clandestin bien sur et se
déroule sur les hauteurs de Haïfa ou au bord de la mer. Roman initiatique qui
dit l'intimité des êtres, des sentiments, du désir, des années qui s'écoulent,
d'Israël. L'oppression qui pèse sur ces deux femmes n'est pas d'ordre religieux
car elles évoluent dans une société laïque mais exprime surtout le refus social
d'un amour de femmes à la fin des années soixante-dix, qu’accuse ici la
différence d’âge entre les deux héroïnes, en tout cas dans un premier temps.
La souffrance que peut engendrer la difficile conciliation entre homosexualité et mode de vie juif orthodoxe est visible dans l’émouvant documentaire de Sandi S.Dubowski, « Trembling Before God », USA (2001).
Quant au documentaire d’Ilit Alexander, « Keep not silent : orthodykes », Israël 2004, qu'il aurait été plus juste de traduire par « Toi que mon âme aime » d'après son titre en l’hébreu (« At sheaava nafchi ») : il montre des exemples d’amours de femmes dans le milieu juif orthodoxe en Israël. Amours cachées ou plus visibles de femmes qui ne veulent renoncer ni à leur judaïsme pratiquant ni à leurs amours ou l’élue de leur cœur.
Des avancées se font jour, ici ou là, au sein des différents courants du judaïsme, en particulier libéral et reconstructioniste. Le judaïsme « conservative » ne tranche pas réellement préférant renvoyer leurs ouailles à leurs communautés respectives (voir à ce sujet "Rabbins et Homosexualité"). Quant au judaïsme orthodoxe, il repousse encore un débat qui pourtant s’impose déjà dans la réalité depuis longtemps. Cliquez ici pour en savoir plus sur le sujet ou vous reporter au site du Beit Haverim, groupe juif gay et lesbien de France
20 mars 2008
Jeune d'Esther et journée pour les femmes "agounot"
(Queen Esther Holding The Evidence For Haman's Guilt, mosaic, 2002, by Lilian Broca)
Le 13 du mois d'Adar 5768 du
calendrier hébraïque tombe cette année le 20 mars 2008.
Dans le rituel juif, c'est un jour de jeune nommé "ta'anit Esther", jeûne d'Esther.
Il y a environ 26 siècles, selon la tradition juive, une femme, la reine Esther
appela les membres de sa communauté à jeûner afin de l'aider dans sa démarche
auprès du roi Assuérus auprès de qui elle intercédait pour empêcher le massacre
annoncé de tous les Juifs de son royaume... Cette solidarité participa à la
réussite de son entreprise. Esther demanda aussi aux Sages de son époque
d'inscrire cet évènement dans la Bible - il s'agit du Rouleau d'Esther -
et d'instituer un jour de réjouissance, la fête de Pourim, à l'issue du jeûne.
Initiative, courage, et solidarité sont quelques uns des mots clefs de cet
évènement. C’est pourquoi des associations de femmes juives de par le monde,
sous l’égide de l’ICAR, ont choisi ce jour du « jeûne d’Esther » pour
exprimer leur solidarité avec les femmes «agounot» - ces femmes à qui
les maris refusent de donner le «guet» c'est à dire le divorce
religieux. Car, en la matière, la loi juive se caractérise par une double
asymétrie. La première est que seuls les maris sont habilités à octroyer le
« guet », et durant cette période d’attente qui peut parfois durer
des années, les femmes sont « ancrées » dans leur statut de femme
mariée. Ce qui incombe, contrairement aux
hommes et c’est là la seconde asymétrie, qu’elles ne peuvent avoir d’autres
relations sous peine d’adultère et au risque que les enfants nés de ces relations
soient des enfants « illégitimes » (mamzérim).
Tout le long de l’histoire, les rabbins ont trouvé des solutions à de nombreux problèmes. Il est plus que temps maintenant qu’ils mettent un terme à des situations douloureuses qui touchent des milliers de femmes juives dans le monde (voir pour la France la conférence filmée sur mon enquête pour la WIZO). Ces solutions existent, le «prenuptial agrement » ou accord prenuptial pourrait être l’une d’entre elles (voir à ce sujet la conférence filmé « Guet et Agouna, quelle liberté pour la femme ? », la table ronde avec Maitre Annie Dreyfus, Janine Elkouby et Liliane Vana, organisée en février 07 au Centre Communautaire de Paris ainsi que mon dernier article dans l’Arche n° 598, mars 08). Il faut, pour que ces solutions se mettent en place, que d’une part, les communautés juives soient amplement sensibilisées et que d’autre part, les plus hautes autorités rabbiniques aient la volonté d’un consensus à ce sujet !
Je pense aujourd’hui à toutes ces femmes que je connais ou non et qui
attendent d’être délivrées, de pouvoir tourner la page et d’aller enfin chacune à leur vie délestée de ce poids.
17 mars 2008
Du Talmud au Récit des 3 espaces... :)
"C'est un nouveau genre littéraire" ainsi titrait Liberation au sujet du Récit des 3 Espaces de Carole_Lipsyc à l'occasion de son lancement en mai dernier 2007 à la Cité des Sciences à Paris.
Cette création est un exemple du récit variable que produit l'ADREVA présidé par Robert Strausser. Récit variable car les milliers de textes qui le composent peuvent s'agencer au goût du lecteur et être complété par lui ou par elle au gré de ces déambulations sur le site mais aussi car il se décline sur différents supports médiatiques et numériques : sms, email, blogs, Second Life, jeux, théâtre, films, photos, etc... Le fantastique parcours que propose Carole Lipsyc et toute son Equipe au Forum des Halles du 12 au 18 mars 2008 le démontre amplement : "Passez la Porte des 3 Espaces et découvrez un univers parallèle.Un univers qui se partage en 3 mondes : Erel le Réel, Kiméria la Terre des Rêves et Numer l'Etendue des Idées. Un univers à lire, à écrire, à jouer. Un univers dont vous êtes le voyageur".
Bien sur, le Récit des 3 Espaces me fait songer à la page talmudique, d'une part car son propos central est entouré de commentaires, il ne se lit donc pas de façon linéaire mais en réseau et dans l'intertextualité et d'autre part parce que son contenu reste en permanence à développer - il est en quelque sorte virtuel- et à incarner. Le livre s'écrit par le lecteur....
Carole Lipsyc, de façon ludique et créative, est, à sa manière et en tant que femme, en héritage de cette transmission culturelle, familiale et spirituelle... dans tous les sens du terme.
16 mars 2008
Les écrivaines israéliennes au Salon du Livre, mars 2008
La littérature hébraïque, à l'occasion des soixante ans de la création de l'état moderne d'Israël, est à l'honneur au Salon du Livre à Paris du 14-19 mars 2008.
Plus d'un tiers des 39 écrivains israéliens invités sont des femmes - romancières, poétesse ou dramaturges. Parmi elles, citons Orly Castel-Bloom qui signait déjà en 1998, "La Mina Lisa" (Actes Sud), un roman à dimension fantastique plein d'humour, Michal Govrin qui est enfin traduit en français pour la première fois avec la parution de son dernier roman, "Sur le vif" (Ed. Sabine Wespieser) dans une traduction de Valérie Zenatti et "Chère Anne" (Ed. Joëlle Losfeld) de Judith Katzir.
Signalons également "L'Anthologie d'écrivaines israéliennes", 13 nouvelles publiée par la maison d'édition suisse Métropolis et "Chacune a un nom, Femmes poètes d'Israël" que publie les éditions Caractères.
05 mars 2008
Quel était le fruit de l'arbre défendu du Jardin d'Eden ?
..... "La Genèse ne mentionne nulle part son nom (...) Que ce soit dans la Bible hébraïque, dans la traduction grecque de la Septante ou dans la version latine de la Vulgate, il n'est question que du terme générique de fruit (...) Cette constation vaut aussi pour le Coran".
Alors si vous voulez le savoir, reportez vous à mon article qui vient de paraître :
"Ceci n'est pas une pomme" dans le magazine Religions et Histoire n° 19, mars-avril 2008, p 69-71 (en vente en kiosque).
26 février 2008
Deux femmes racontent le monde juif orthodoxe (1)
(Elsa Zylberstein
« Hadassa »,
de l’auteur québécoise Myriam Beaudoin (édition Léméac, Montréal, 2006) et « La fille du rabbin » de
Reva Mann (édition JC Lattès, Paris, 2008) nous offrent tous les deux - le premier est un roman d’inspiration
autobiographique et le second sont des Mémoires - une plongée dans le
monde juif ultra orthodoxe d’aujourd’hui.
Pour la lire la suite, cliquez ici... Attention : après avoir ouvert et lu ce document en pdf vous devez cliquer sur "page précédente" pour revenir au blog.


