27 juillet 2008
Fémina : Femmes et Judaïsme dans le monde d'aujourd'hui (suite)
Léah
Shakdiel, féministe juive orthodoxe, connue pour avoir été la première femme à
pouvoir siéger au sein d'un conseil municipal religieux à Yerouham dans le Néguev en Israël (nous avions
d’ailleurs publié l’un de ses textes relatant le récit de son combat dans
«Quand les femmes lisent la Bible ») a écrit pour la liste
"Shamash, The Jewish Network", le texte suivant au sujet de la
manifestation Fémina qui s’est tenue dans le cadre du Festival Séfarad à Montréal du 15-17 juin 2008, produit par Brigitte Danino et la CSUQ (voir billet du 2 juin du présent blog).
Nous avons traduit ce texte et nous le publions avec son aimable autorisation en insérant des liens et quelques
notes que nous avons mises entre parenthèses et signées ndr.
Brèves de Leah Shakdiel sur la conférence Femina qui se tient à Montréal, dans le cadre du Festival Séfarad.
« C’est la première fois que la communauté juive (séfarade) francophone de Montréal organise de tels évènements publics avec des féministes juives locales ou venant de l’étranger alors que dans ce domaine la communauté anglo-saxonne est active au moins depuis 1980. Malgré la défection au dernier moment, pour des raisons familiales, de Norma Joseph (l’une des figures de proue du féminisme juif orthodoxe qui vit à Montréal, ndr) ; je ferai mention de quelques moments forts de cette manifestation entièrement conçue par Sonia Sarah Lipsyc (France).
1-
Pour la première fois, une femme, Jeanine Elkouby (vice-président du
Consistoire du Bas-Rhin, Strasbourg) a donné une leçon talmudique au sein de l’importante
synagogue séfarade Or HaHaim, durant le 3e repas du jour du shabbat.
A l’issue de cette
leçon, Jo Gabay, qui est d’ordinaire en charge de cet enseignement, a demandé à
l’assemblée réunie de dire « kaddish » (prière de sanctification,
ndr) comme cela se fait habituellement (après une étude publique, ndr).
2-
(Après la conférence inaugurale), le film « She’assani Isha » de
Yaacov Friedland (Israël, 2000) a été projeté suivi de discussions (dans le
cadre du « speed Torah », ndr) sur la place de la femme dans le Judaïsme
englobant aussi bien les problématiques de rituel que celles ayant trait à la synagogue, avec
entre autres, les interventions de Sonia Zylberberg et Perla Serfati-Garzon de
Montréal. Nous sommes d’ailleurs impatiente de découvrir le dernier et
prometteur livre (« Once Upon a Chodesh. Tales and More of The Montreal
Women’s Tefillah Group, 1982-2007 » de Barabara Miller Nirenberg, à
paraître 2008) qui raconte l’histoire du groupe de femmes de « Rosh
Hodesh » (groupe de femmes de prières se réunissant chaque mois au cours de ce jour demi férié dans
le calendrier hébraïque qui célèbre le renouvellement de la lune, ndr) de
Montréal et leur film récemment tourné sur ces pertinentes problématiques.
J’ai, bien entendu, eu l’occasion, de leur parler des évolutions récentes de
notre groupe (de prières) de la communauté de Yeruham, fait passionnant puisqu' il s’agit de femmes, d’origine marocaine, actives dans le féminisme juif
dans une ville à prédominance séfarade.
3- C'est la première fois, semble-t-il qu’une soirée, en français, sur le thème
« Agunah » (on nomme ainsi généralement une femme qui attend le
« guet », acte de divorce religieux que seuls les hommes peuvent donner
au sein du judaïsme orthodoxe, ndr) et les problématiques s’y référant, s’est
tenue hier soir, le 16 juin.
Elle incluait la projection (du film d’Anat
Zuria, Israël, 2004) « Mekudeshet » (…). Étaient présentes pour
parler des perspectives sur ce sujet, des expertes telles que l'avocate Annie Dreyfus
(Strasbourg-Jérusalem) et Evelyn Beker Brook (l’une des trois rédactrices du
guide canadien « Untying the Bonds Jewish Divorce ») mais aussi
Diane Sasson, directrice de l’auberge Shalom à Montréal, abri pour femmes battues.
Contrairement à certains rabbins qui ont refusé de participer et/ou ont fait des
promesses qui n’ont mené à rien, un « dayan » (juge) du « beith
din » (tribunal rabbinique) de Montréal, le rabbin David Banon, en charge
des divorces, était présent, il nous a tous (toutes) impressionné-es, mais il
reste à entendre de la part de Norma Joseph et d’autres femmes montréalaises si la
situation est aussi bonne à ce sujet qu’elle n'y paraitrait.
4- Aujourd’hui, nous terminerons avec la (mise en espace) de la pièce « Eve des limbes revenues ou l’interview exclusive de la première femme ou presque de l'humanité » écrite et jouée par Sonia Sarah Lipsyc et une table ronde sur « les religions sont-elles misogynes ? » en présence de femmes musulmanes et chrétienne canadiennes (notamment les universitaires Rachida Azdouz et Marie Andrée Roy). ».
Pour en savoir plus cette manifestation vous pouvez également :
- écouter l'entretien du 16 juin 2008 avec Patrick Masbourian (15 minutes) en cliquant sur l'émission "Vous êtes ici" sur Radio Canada
- vous reporter au premier article de Elias Lévy paru le 5 juin 2008 dans The Canadian Jewish News. Le journaliste me présente toutefois comme une juive orthodoxe féministe alors que je ne suis modestement que... traditionaliste... mais féministe, of course !
Son second article, publié dans le même journal le 20 juillet 2008, relate l'une des tables rondes de la manifestation consacrée au divorce juif religieux ("guet") dans le monde juif d'aujourd'hui.
Cliquez ici pour lire le compte rendu de ces diverses interventions qui soulignent principalement les différentes possibilités qu'offre la loi juive et que pourraient mettre en oeuvre les rabbins ou les communautés pour aider les femmes à obtenir leur "guet". Le recours auprès des tribunaux civils pour la défense des femmes dans certains cas d'extorsion ou d'intention de nuire de la part de leurs ex-conjoints sont également évoqués.
Vous pouvez également retrouver l'intégralité en vidéo de ces 5 interventions, celles de maitre Annie Dreyfus, du rabbin David Banon, d' Evelyn Beker Brook, membre la Coalition canadienne des femmes juives pour le Guet, de Diane Sasson et Janine Elkouby.
02 juin 2008
Fémina : Femmes et Judaïsme dans le monde d'aujourd'hui
J'ai le plaisir d'avoir conçu avec et pour le Festival Séfarad de Montréal, organisé par Brigitte Danino, et produit par la Communauté Séfarade Unifiée du Quebec (CSUQ), direction Robert Abitbol, 3 journées autour de Femmes et Judaïsme dans le monde d'aujourd'hui sous le titre Fémina. "Le masculin et le féminin dans la tradition juive", "le divorce religieux (guet)", "les religions sont-elles misogynes ?" sont quelques uns des thèmes abordés par des intervenant(e)s de France, d'Israël et bien sur du Canada au travers de diverses tables rondes, conférences, rencontres, film et pièce de théâtre du 15 au 17 juin 2008 à Montréal.
Pour voir le programme complet, cliquez ici
20 mai 2008
Les migrations de l'âme dans la tradition juive
Quels sont les différents noms et degrés de l’âme ? Pourquoi une âme
s’incarne-t-elle ? Avons-nous une âme sœur ?
Quel est le parcours de
l’âme après avoir quitté l’existence terrestre ?
La réincarnation existe-t-elle
dans la tradition juive ? Comment le Talmud parle-t-il de la résurrection
des morts ?
Conférence dans le cadre de mon séminaire trimestriel de Pensée juive au Centre Darius Milhaud à Aix en Provence
Mercredi 29 mai à 20heures
29 avril 2008
Les femmes au sein du judaïsme français : conférence filmée sur Akadem
(Klimt)
J'avais donné cette conférence
inaugurale dans le cadre d'un colloque "Les femmes face au monde
juif, les défis contemporains" organisé au Centre Communautaire par Raphy
Marciano en février 2007.
Sous titrée, "Pour un
combat d'équité", elle est mise en ligne aujourd'hui sur Akadem (cliquez ici), le
campus numérique juif, avec d' autres interventions de cette même journée.
Les thèmes que j'aborde dans mon allocution sont
toujours d'actualité. Je m'appuie, en partie, sur l'enquête que j'ai menée pour
la Wizo sur Femmes et Judaïsme en France.
Je parle d'abord de la révolution, trop méconnue au
sein de la communauté juive française, que représente et suscite dans le monde
juif, l'accès des femmes à l'étude talmudique. Domaine dont elles furent
écartées durant des siècles et dont la maîtrise est nécessaire pour la
connaissance de la Loi juive (halakha).
J'évoque encore et toujours le combat que nous devons
mener pour aider les femmes à obtenir leur divorce religieux (guet). Il
faut sensibiliser le public et les autorités rabbiniques afin qu'elles trouvent
une solution à ce problème douloureux.
19 mars 2008
Etudes du Genre et Judaïsme
Dans le cadre de l'Institut Universitaire d'Etudes Juive Elie Wiesel, je donnerai cette année à Paris deux séminaires sur les Etudes du Genre et du Judaïsme, matières peu enseignées en France.
"Sarah rit en elle-même", tableau du peintre israélien de la Bible, Abel Pann, voir à son sujet la rubique Livres du présent blog.
Le premier séminaire s'intitule Figures de femmes dans la littérature biblique et talmudique
Il s'inscrit dans le module E- Philosophie et théologie du judaïsme
Notre étude procède d’une double démarche, d’une part, discerner
comment la littérature midrachique met en place une construction du
genre c’est-à-dire établit des catégories du masculin et du féminin sur
lesquelles s’édifieront les identités normatives des hommes et des
femmes. D’autre part, identifier au sein de cette identité narrative du
midrash des ouvertures voire des paradigmes qui autoriseraient une
lecture différente de certains récits bibliques et, en conséquence,
ouvriraient d’autres possibilités dans la loi juive (voir la suite).
Les jeudi 8 et 22 novembre 2007, ainsi que le 13 et 27 mars 2008 de 17h30 à 19h
au 119, rue La Fayette 75010 Paris Tel : (33) 01 53 20 52 61
"Mes amies et moi II", 2001, de la peintre et écrivaine Barbara Honigmann, avec l'aimable autorisation de l'artiste et de la Galerie Michael Hasenclever de Munich..
Le second séminaire a pour titre La femme et le savoir judaïque
Il porte plus précisémment sur l'accès des femmes à l'étude talmudique.
Il s'inscrit dans le module C-Judaïcité, psychanalyse et sciences sociales
L’étude de la Loi est l’un des commandements centraux du judaïsme.
Quelle est la place des femmes dans ce processus de l’étude et de
l’édification de la loi juive de l’Antiquité à nos jours ? Pour
répondre à cette question nous nous situerons d’abord sur le plan de
l’exégèse rabbinique, de l’analyse de la loi juive (halakha) et des
reponsa rabbiniques (voir la suite)
Les jeudis jeudi 8 et 22 novembre 2007, ainsi que le 13 et 27 mars 2008 de 19h à 20h30
au 119, rue La Fayette 75010 Paris Tel : (33) 01 53 20 52 61
Attention : les deux séances de novembre de ces deux séminaires ont du être reportées au mois de Mars 2008 - en particulier à cause des pertubations dans les transports .
Pour recevoir le programme dès sa parution ou tout autre renseignement, écrivez à : martine.cohen@iuej.net
04 mars 2008
A l'occasion du 8 mars 2008 - journée de la femme : " les femmes d'aujourd'hui relisent nos textes d'hier"
Pour la journée de la femme du 8 mars, les Bâtisseuses de paix,
association de femmes qui oeuvre au dialogue judéo-musulman , présidée par Anne Paule Derczansky,
organise un dîner-débat sur " les femmes d'aujourd'hui relisent nos textes
d'hier ", en l'occurrence la Bible et le Coran.
Je dialoguerai avec Dounia Bouzar, chargée de recherche au Ministère de la Justice, spécialiste de l'Islam et nous nous
interrogerons sur l'évolution possible des droits des femmes au sein de nos
traditions respectives.
Samedi 8 mars 2008 à 20h, 18 rue du Faubourg Montmartre, 75009 Paris
PAF 10 euros (repas)
Réservation obligatoire : 06 66 10 55 64
28 février 2008
"Prier de sa propre voix- la lutte des femmes du Mur"

PRAYING IN HER OWN VOICE - THE STRUGGLE OF THE WOMEN OF THE WALL, un documentaire de Yaël Katzir, Israel, 2007, 60 min
Ce film retrace le combat que mènent depuis 1988 des femmes juives,
tout courant confondu du judaïsme (orthodoxe, conservative, liberal
et reconstructioniste), - fait assez rare dans le domaine religieux - afin
de pouvoir prier en groupe au Mur des lamentations (kotel hamaravi)
à Jérusalem. Ce droit leur est jusqu'à présent refusé, elles se
réunissent
toutefois tous les roch h'odech (néoménie ou renouvellement
mensuel de la lune, jour demi férié dans la tradition juive) à l'Arche de
Robinson dans la vieille ville de Jérusalem (voir à ce sujet mon article "Les femmes du Mur. Le commandement de la néoménie et les groupes de prières de femmes" dans l'Arche, décembre 2007-janvier 2008, n°595-596 p 40-41)
J'aurai le plaisir de
débattre de ce sujet avec le rabbin Pauline Bebe après la projection du film
prévue à 17h le dimanche 9 mars 2008 au Centre Maayan, 10 - 12 rue Moufle -
75011 Paris - Tél: 01 55 28 83 84
02 décembre 2007
Colloque des Intellectuels Juifs de France 2007
J'aurai le plaisir d'intervenir au Colloque des Intellectuels Juifs de France, après la conférence du professeur Raphaël Draï, au sujet du livre de Menahem Elon, ancien président à la cour suprème d'Israël, "Ma'amad Haïshah (The Status of Women. Law and Judgment, Tradition and Transition. The Values of a Jewish and Democratic State)",
le dimanche 9 décembre dans l'après midi, au Théâtre Dejazet, 41 bd du Temple, 75003 Paris
(inscription : 06 78 22 67 18).
Le colloque, sous la présidence de Jean Halpérin, se déroulera du 8 au 10 décembre et est consacré, cette année, à
Judaïsme et Modernité.
Vous pouvez voir le programme en cliquant ici
27 novembre 2007
Quelle place pour la femme dans le judaïsme ?
Dans le cadre du Salon du livre et du cadeau Wizo 2007, ce dimanche 2 décembre de 10h à 18h au salon du CIC Banque CIAL à Strasbourg
Janine Elkouby et moi même aurons le plaisir de signer le numéro collectif de la Revue Pardès dont nous avons dirigé la publication, "Quand les femmes lisent la Bible" (voir la rubrique Livres du blog).
Nous interviendrons également, ce même jour à 16h15 et au même lieu, avec Clémence Boulouque à la conférence "Quelle place pour la femme dans le judaïsme ?".
28 octobre 2007
Séminaire de pensée juive (1) :"Nous étions toutes et tous au Mont Sinaï"
Selon la tradition juive, nous étions, toutes et tous, symboliquement
présents au moment de la Révélation c’est à dire du don de la Torah au
peuple d’Israël – il y aurait plus de 35 siècles ! Comment nous situons
nous aujourd’hui face à cet héritage, quel que soit notre degré – ou
notre absence - de connaissance, de croyance ou de pratique ?
C’est autour d’une étude, sous forme de conférence, à partir de divers
textes talmudiques que je vous propose de débattre de
cette question voire de cette responsabilité.
Cette conférence filmée du 14.12.06, est la première de trois interventions que j'ai données, au cours de l'année 2006/07, dans le cadre d'un séminaire trimestriel de pensée juive, au sympathique Centre Darius Milhaud d'Aix en Provence.
Pour voir la conférence cliquer sur http://www.centredariusmilhaud.org/blog/39




