08 juin 2008
Guide du divorce religieux ("guet") en France
("Condamnée au mariage", titre original en hébreu "Mekudechet", documentaire d'Anat Zuria, Israël, 2004)
Dans sa newsletter du 6 juin 2008, le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions juives de France) annonçait que :
" Après 3 ans de travail effectué en collaboration avec Sonia Lipsyc et le Grand Rabbin Gugenheim, la Wizo est heureuse d'annoncer la parution du guide du divorce religieux.
A cette
occasion, Nathalie Cohen-Beizerman, présidente de Wizo France et Joël
Mergui, président du Consistoire de Paris, vous invitent le jeudi 19
juin, à 19 heures précises, au Consistoire de Paris, salle Jérusalem,
17 rue Saint Georges 75009 Paris. En présence des Grands Rabbins Messas
et Gugenheim.".
Vous pourrez vous procurer ce guide, écrit également en collaboration avec Maître Annie Dreyfus et Janine Elkouby, - et sur lequel je vous en dirai davantage prochainement,- en vous mettant, dans un premier temps, en contact avec la WIZO ou vous tournant vers le consistoire israélite de votre région.
02 juin 2008
Fémina : Femmes et Judaïsme dans le monde d'aujourd'hui
J'ai le plaisir d'avoir conçu avec et pour le Festival Séfarad de Montréal, organisé par Brigitte Danino, et produit par la Communauté Séfarade Unifiée du Quebec (CSUQ), direction Robert Abitbol, 3 journées autour de Femmes et Judaïsme dans le monde d'aujourd'hui sous le titre Fémina. "Le masculin et le féminin dans la tradition juive", "le divorce religieux (guet)", "les religions sont-elles misogynes ?" sont quelques uns des thèmes abordés par des intervenant(e)s de France, d'Israël et bien sur du Canada au travers de diverses tables rondes, conférences, rencontres, film et pièce de théâtre du 15 au 17 juin 2008 à Montréal.
Pour voir le programme complet, cliquez ici
20 mai 2008
Les migrations de l'âme dans la tradition juive
Quels sont les différents noms et degrés de l’âme ? Pourquoi une âme
s’incarne-t-elle ? Avons-nous une âme sœur ?
Quel est le parcours de
l’âme après avoir quitté l’existence terrestre ?
La réincarnation existe-t-elle
dans la tradition juive ? Comment le Talmud parle-t-il de la résurrection
des morts ?
Conférence dans le cadre de mon séminaire trimestriel de Pensée juive au Centre Darius Milhaud à Aix en Provence
Mercredi 29 mai à 20heures
06 mai 2008
Sarah, première Matriarche dans la Bible
... "Chaque vendredi soir, lorsque les parents de confession juive bénissent leurs enfants au moment où commence le shabbat, ils souhaitent à leurs filles que Dieu les "rende égales à Sarah, Rébecca, Rachel et Léa", les quatre Matriarches, réputées pour leur discernement. C'est dire l'importance de ces femmes dans la liturgie juive.
Sarah, la permière épouse d'Abraham et mère d'Isaac, contribuera à diffuser la nouvelle foi monothéiste aux côtés de son compagnon et veillera parallèlement à sa transmission aux générations suivantes.
C'est ce que livrent les sources de la littérature orale juive, sur lesquelles cet article se fonde".
Si vous vous voulez en savoir plus, reportez vous à mon article qui vient de paraître :
"Sarah, première Matriarche" dans le magazine Religions et Histoire n° 20, mai-juin 2008, p 72-77 (en vente en kiosque).
29 avril 2008
Les femmes au sein du judaïsme français : conférence filmée sur Akadem
(Klimt)
J'avais donné cette conférence
inaugurale dans le cadre d'un colloque "Les femmes face au monde
juif, les défis contemporains" organisé au Centre Communautaire par Raphy
Marciano en février 2007.
Sous titrée, "Pour un
combat d'équité", elle est mise en ligne aujourd'hui sur Akadem (cliquez ici), le
campus numérique juif, avec d' autres interventions de cette même journée.
Les thèmes que j'aborde dans mon allocution sont
toujours d'actualité. Je m'appuie, en partie, sur l'enquête que j'ai menée pour
la Wizo sur Femmes et Judaïsme en France.
Je parle d'abord de la révolution, trop méconnue au
sein de la communauté juive française, que représente et suscite dans le monde
juif, l'accès des femmes à l'étude talmudique. Domaine dont elles furent
écartées durant des siècles et dont la maîtrise est nécessaire pour la
connaissance de la Loi juive (halakha).
J'évoque encore et toujours le combat que nous devons
mener pour aider les femmes à obtenir leur divorce religieux (guet). Il
faut sensibiliser le public et les autorités rabbiniques afin qu'elles trouvent
une solution à ce problème douloureux.
08 avril 2008
Amours entre femmes et Judaïsme
Autant le dire d'emblée,
"Chère Anne", le second roman traduit en français et publié aux éditions Joelle Losfeld, de l'écrivaine
israélienne Judith Katzir est un texte magnifique. Une collégienne israélienne
de Haïfa, d'une étonnante maturité tient son journal. En fait, elle signe du
nom de Kitty, la confidente imaginaire à qui la jeune Anne Frank s'adressait
dans son fameux journal pendant la seconde guerre mondiale. Rivi alias Kitty
raconte, à son tour, à Anne Frank sa vie de jeune fille mais surtout son
étonnant amour pour une femme plus âgée qu'elle, Michaëla, son professeur de
littérature hébraïque. Leur amour est réciproque, clandestin bien sur et se
déroule sur les hauteurs de Haïfa ou au bord de la mer. Roman initiatique qui
dit l'intimité des êtres, des sentiments, du désir, des années qui s'écoulent,
d'Israël. L'oppression qui pèse sur ces deux femmes n'est pas d'ordre religieux
car elles évoluent dans une société laïque mais exprime surtout le refus social
d'un amour de femmes à la fin des années soixante-dix, qu’accuse ici la
différence d’âge entre les deux héroïnes, en tout cas dans un premier temps.
La souffrance que peut engendrer la difficile conciliation entre homosexualité et mode de vie juif orthodoxe est visible dans l’émouvant documentaire de Sandi S.Dubowski, « Trembling Before God », USA (2001).
Quant au documentaire d’Ilit Alexander, « Keep not silent : orthodykes », Israël 2004, qu'il aurait été plus juste de traduire par « Toi que mon âme aime » d'après son titre en l’hébreu (« At sheaava nafchi ») : il montre des exemples d’amours de femmes dans le milieu juif orthodoxe en Israël. Amours cachées ou plus visibles de femmes qui ne veulent renoncer ni à leur judaïsme pratiquant ni à leurs amours ou l’élue de leur cœur.
Des avancées se font jour, ici ou là, au sein des différents courants du judaïsme, en particulier libéral et reconstructioniste. Le judaïsme « conservative » ne tranche pas réellement préférant renvoyer leurs ouailles à leurs communautés respectives (voir à ce sujet "Rabbins et Homosexualité"). Quant au judaïsme orthodoxe, il repousse encore un débat qui pourtant s’impose déjà dans la réalité depuis longtemps. Cliquez ici pour en savoir plus sur le sujet ou vous reporter au site du Beit Haverim, groupe juif gay et lesbien de France
20 mars 2008
Jeune d'Esther et journée pour les femmes "agounot"
(Queen Esther Holding The Evidence For Haman's Guilt, mosaic, 2002, by Lilian Broca)
Le 13 du mois d'Adar 5768 du
calendrier hébraïque tombe cette année le 20 mars 2008.
Dans le rituel juif, c'est un jour de jeune nommé "ta'anit Esther", jeûne d'Esther.
Il y a environ 26 siècles, selon la tradition juive, une femme, la reine Esther
appela les membres de sa communauté à jeûner afin de l'aider dans sa démarche
auprès du roi Assuérus auprès de qui elle intercédait pour empêcher le massacre
annoncé de tous les Juifs de son royaume... Cette solidarité participa à la
réussite de son entreprise. Esther demanda aussi aux Sages de son époque
d'inscrire cet évènement dans la Bible - il s'agit du Rouleau d'Esther -
et d'instituer un jour de réjouissance, la fête de Pourim, à l'issue du jeûne.
Initiative, courage, et solidarité sont quelques uns des mots clefs de cet
évènement. C’est pourquoi des associations de femmes juives de par le monde,
sous l’égide de l’ICAR, ont choisi ce jour du « jeûne d’Esther » pour
exprimer leur solidarité avec les femmes «agounot» - ces femmes à qui
les maris refusent de donner le «guet» c'est à dire le divorce
religieux. Car, en la matière, la loi juive se caractérise par une double
asymétrie. La première est que seuls les maris sont habilités à octroyer le
« guet », et durant cette période d’attente qui peut parfois durer
des années, les femmes sont « ancrées » dans leur statut de femme
mariée. Ce qui incombe, contrairement aux
hommes et c’est là la seconde asymétrie, qu’elles ne peuvent avoir d’autres
relations sous peine d’adultère et au risque que les enfants nés de ces relations
soient des enfants « illégitimes » (mamzérim).
Tout le long de l’histoire, les rabbins ont trouvé des solutions à de nombreux problèmes. Il est plus que temps maintenant qu’ils mettent un terme à des situations douloureuses qui touchent des milliers de femmes juives dans le monde (voir pour la France la conférence filmée sur mon enquête pour la WIZO). Ces solutions existent, le «prenuptial agrement » ou accord prenuptial pourrait être l’une d’entre elles (voir à ce sujet la conférence filmé « Guet et Agouna, quelle liberté pour la femme ? », la table ronde avec Maitre Annie Dreyfus, Janine Elkouby et Liliane Vana, organisée en février 07 au Centre Communautaire de Paris ainsi que mon dernier article dans l’Arche n° 598, mars 08). Il faut, pour que ces solutions se mettent en place, que d’une part, les communautés juives soient amplement sensibilisées et que d’autre part, les plus hautes autorités rabbiniques aient la volonté d’un consensus à ce sujet !
Je pense aujourd’hui à toutes ces femmes que je connais ou non et qui
attendent d’être délivrées, de pouvoir tourner la page et d’aller enfin chacune à leur vie délestée de ce poids.
19 mars 2008
Etudes du Genre et Judaïsme
Dans le cadre de l'Institut Universitaire d'Etudes Juive Elie Wiesel, je donnerai cette année à Paris deux séminaires sur les Etudes du Genre et du Judaïsme, matières peu enseignées en France.
"Sarah rit en elle-même", tableau du peintre israélien de la Bible, Abel Pann, voir à son sujet la rubique Livres du présent blog.
Le premier séminaire s'intitule Figures de femmes dans la littérature biblique et talmudique
Il s'inscrit dans le module E- Philosophie et théologie du judaïsme
Notre étude procède d’une double démarche, d’une part, discerner
comment la littérature midrachique met en place une construction du
genre c’est-à-dire établit des catégories du masculin et du féminin sur
lesquelles s’édifieront les identités normatives des hommes et des
femmes. D’autre part, identifier au sein de cette identité narrative du
midrash des ouvertures voire des paradigmes qui autoriseraient une
lecture différente de certains récits bibliques et, en conséquence,
ouvriraient d’autres possibilités dans la loi juive (voir la suite).
Les jeudi 8 et 22 novembre 2007, ainsi que le 13 et 27 mars 2008 de 17h30 à 19h
au 119, rue La Fayette 75010 Paris Tel : (33) 01 53 20 52 61
"Mes amies et moi II", 2001, de la peintre et écrivaine Barbara Honigmann, avec l'aimable autorisation de l'artiste et de la Galerie Michael Hasenclever de Munich..
Le second séminaire a pour titre La femme et le savoir judaïque
Il porte plus précisémment sur l'accès des femmes à l'étude talmudique.
Il s'inscrit dans le module C-Judaïcité, psychanalyse et sciences sociales
L’étude de la Loi est l’un des commandements centraux du judaïsme.
Quelle est la place des femmes dans ce processus de l’étude et de
l’édification de la loi juive de l’Antiquité à nos jours ? Pour
répondre à cette question nous nous situerons d’abord sur le plan de
l’exégèse rabbinique, de l’analyse de la loi juive (halakha) et des
reponsa rabbiniques (voir la suite)
Les jeudis jeudi 8 et 22 novembre 2007, ainsi que le 13 et 27 mars 2008 de 19h à 20h30
au 119, rue La Fayette 75010 Paris Tel : (33) 01 53 20 52 61
Attention : les deux séances de novembre de ces deux séminaires ont du être reportées au mois de Mars 2008 - en particulier à cause des pertubations dans les transports .
Pour recevoir le programme dès sa parution ou tout autre renseignement, écrivez à : martine.cohen@iuej.net
17 mars 2008
Du Talmud au Récit des 3 espaces... :)
"C'est un nouveau genre littéraire" ainsi titrait Liberation au sujet du Récit des 3 Espaces de Carole_Lipsyc à l'occasion de son lancement en mai dernier 2007 à la Cité des Sciences à Paris.
Cette création est un exemple du récit variable que produit l'ADREVA présidé par Robert Strausser. Récit variable car les milliers de textes qui le composent peuvent s'agencer au goût du lecteur et être complété par lui ou par elle au gré de ces déambulations sur le site mais aussi car il se décline sur différents supports médiatiques et numériques : sms, email, blogs, Second Life, jeux, théâtre, films, photos, etc... Le fantastique parcours que propose Carole Lipsyc et toute son Equipe au Forum des Halles du 12 au 18 mars 2008 le démontre amplement : "Passez la Porte des 3 Espaces et découvrez un univers parallèle.Un univers qui se partage en 3 mondes : Erel le Réel, Kiméria la Terre des Rêves et Numer l'Etendue des Idées. Un univers à lire, à écrire, à jouer. Un univers dont vous êtes le voyageur".
Bien sur, le Récit des 3 Espaces me fait songer à la page talmudique, d'une part car son propos central est entouré de commentaires, il ne se lit donc pas de façon linéaire mais en réseau et dans l'intertextualité et d'autre part parce que son contenu reste en permanence à développer - il est en quelque sorte virtuel- et à incarner. Le livre s'écrit par le lecteur....
Carole Lipsyc, de façon ludique et créative, est, à sa manière et en tant que femme, en héritage de cette transmission culturelle, familiale et spirituelle... dans tous les sens du terme.
16 mars 2008
Les écrivaines israéliennes au Salon du Livre, mars 2008
La littérature hébraïque, à l'occasion des soixante ans de la création de l'état moderne d'Israël, est à l'honneur au Salon du Livre à Paris du 14-19 mars 2008.
Plus d'un tiers des 39 écrivains israéliens invités sont des femmes - romancières, poétesse ou dramaturges. Parmi elles, citons Orly Castel-Bloom qui signait déjà en 1998, "La Mina Lisa" (Actes Sud), un roman à dimension fantastique plein d'humour, Michal Govrin qui est enfin traduit en français pour la première fois avec la parution de son dernier roman, "Sur le vif" (Ed. Sabine Wespieser) dans une traduction de Valérie Zenatti et "Chère Anne" (Ed. Joëlle Losfeld) de Judith Katzir.
Signalons également "L'Anthologie d'écrivaines israéliennes", 13 nouvelles publiée par la maison d'édition suisse Métropolis et "Chacune a un nom, Femmes poètes d'Israël" que publie les éditions Caractères.




