L_ah_Shakdiel Léah Shakdiel, féministe juive orthodoxe, connue pour avoir été la première femme à pouvoir siéger au sein d'un conseil municipal religieux à Yerouham dans le Néguev en Israël (nous avions d’ailleurs publié l’un de ses textes relatant le récit de son combat dans «Quand les femmes lisent la Bible ») a écrit pour la liste "Shamash, The Jewish Network", le texte suivant au sujet de la manifestation Fémina qui s’est tenue dans le cadre du Festival Séfarad à Montréal du 15-17 juin 2008, produit par Brigitte Danino et la CSUQ (voir billet du 2 juin du présent blog).
Nous avons traduit ce texte et nous le publions avec son aimable autorisation en insérant des liens et quelques notes que nous avons mises entre parenthèses et signées ndr.

Brèves de Leah Shakdiel sur la conférence Femina qui se tient à Montréal, dans le cadre du Festival Séfarad.

« C’est la première fois que la communauté juive (séfarade) francophone de Montréal organise de tels évènements publics avec des féministes juives locales ou venant de l’étranger alors que dans ce domaine la communauté anglo-saxonne est active au moins depuis 1980. Malgré la défection au dernier moment, pour des raisons familiales, de Norma Joseph (l’une des figures de proue du féminisme juif orthodoxe qui vit à Montréal, ndr) ; je ferai mention de quelques moments forts de cette manifestation entièrement conçue par Sonia Sarah Lipsyc (France).

1- Pour la première fois, une femme, Jeanine Elkouby (vice-président du Consistoire du Bas-Rhin, Strasbourg) a donné une leçon talmudique au sein de l’importante synagogue séfarade Or HaHaim, durant le 3e repas du jour du shabbat.
A l’issue de cette leçon, Jo Gabay, qui est d’ordinaire en charge de cet enseignement, a demandé à l’assemblée réunie de dire « kaddish » (prière de sanctification, ndr) comme cela se fait habituellement (après une étude publique, ndr).

2- (Après la conférence inaugurale), le film « She’assani Isha » de Yaacov Friedland (Israël, 2000) a été projeté suivi de discussions (dans le cadre du « speed Torah », ndr) sur la place de la femme dans le Judaïsme englobant aussi bien les problématiques de rituel que celles ayant trait à la synagogue, avec entre autres, les interventions de Sonia Zylberberg et Perla Serfati-Garzon de Montréal. Nous sommes d’ailleurs impatiente de découvrir le dernier et prometteur livre (« Once Upon a Chodesh. Tales and More of The Montreal Women’s Tefillah Group, 1982-2007 » de Barabara Miller Nirenberg, à paraître 2008) qui raconte l’histoire du groupe de femmes de « Rosh Hodesh » (groupe de femmes de prières se réunissant chaque mois au cours de ce jour demi férié dans le calendrier hébraïque qui célèbre le renouvellement de la lune, ndr) de Montréal et leur film récemment tourné sur ces pertinentes problématiques.
J’ai, bien entendu, eu l’occasion, de leur parler des évolutions récentes de notre groupe (de prières) de la communauté de Yeruham, fait passionnant puisqu' il s’agit de femmes, d’origine marocaine, actives dans le féminisme juif dans une ville à prédominance séfarade.

3- C'est la première fois, semble-t-il qu’une soirée, en français, sur le thème « Agunah » (on nomme ainsi généralement une femme qui attend le « guet », acte de divorce religieux que seuls les hommes peuvent donner au sein du judaïsme orthodoxe, ndr) et les problématiques s’y référant, s’est tenue hier soir, le 16 juin.
Elle incluait la projection (du film d’Anat Zuria, Israël, 2004) « Mekudeshet » (…). Étaient présentes pour parler des perspectives sur ce sujet, des expertes telles que l'avocate Annie Dreyfus (Strasbourg-Jérusalem) et Evelyn Beker Brook (l’une des trois rédactrices du guide canadien « Untying the Bonds Jewish Divorce ») mais aussi Diane Sasson, directrice de l’auberge Shalom à Montréal, abri pour femmes battues. Contrairement à certains rabbins qui ont refusé de participer et/ou ont fait des promesses qui n’ont mené à rien, un « dayan » (juge) du « beith din » (tribunal rabbinique) de Montréal, le rabbin David Banon, en charge des divorces, était présent, il nous a tous (toutes) impressionné-es, mais il reste à entendre de la part de Norma Joseph et d’autres femmes montréalaises si la situation est aussi bonne à ce sujet qu’elle n'y paraitrait.

4- Aujourd’hui, nous terminerons avec la (mise en espace) de la pièce « Eve des limbes revenues ou l’interview exclusive de la première femme ou presque de l'humanité » écrite et jouée par Sonia Sarah Lipsyc et une table ronde sur « les religions sont-elles misogynes ? » en présence de femmes musulmanes et chrétienne canadiennes (notamment les universitaires Rachida Azdouz et Marie Andrée Roy). ».

Pour en savoir plus cette manifestation vous pouvez également :

- écouter l'entretien du 16 juin 2008 avec Patrick Masbourian (15 minutes) en cliquant sur l'émission "Vous êtes ici" sur Radio Canada

- vous reporter au premier article de Elias Lévy paru le 5 juin 2008 dans The Canadian Jewish News. Le journaliste me présente toutefois comme une juive orthodoxe féministe alors que je ne suis modestement que... traditionaliste... mais féministe, of course !

Guet_panel

Son second article, publié dans le même journal le 20 juillet 2008, relate l'une des tables rondes de la manifestation consacrée au divorce juif religieux ("guet") dans le monde juif d'aujourd'hui.
Cliquez ici pour lire le compte rendu de ces diverses interventions qui soulignent principalement les différentes possibilités qu'offre la loi juive et que pourraient mettre en oeuvre les rabbins ou les communautés pour aider les femmes à obtenir leur "guet".  Le  recours auprès des tribunaux civils pour la défense des femmes dans certains cas d'extorsion ou d'intention de nuire de la part de leurs ex-conjoints sont également évoqués.
Vous pouvez également retrouver l'intégralité en vidéo de ces 5 interventions, celles de maitre Annie Dreyfus, du rabbin David Banon, d' Evelyn Beker Brook, membre la Coalition canadienne des femmes juives pour le Guet, de Diane Sasson et Janine Elkouby.